annabel langbein cordon bleu

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer Annabel Langbein à l’occasion de la sortie de son livre « Annabel au Naturel« . Elle m’a raconté son jardin, ce qui l’influence en cuisine, son rapport avec la nature, la cuisine neo-zélandaise, ses origines, ses influences et deux ou trois petits autres trucs.

Comme je ne sais pas faire bref, je lui ai posé beaucoup, beaucoup de questions. Dans cette longue interview, Annabel Langbein parle de son jardin (sa propriété est extra-ordinaire) et de son inspiration en cuisine. Elle nous raconte aussi la cuisine néo-zélandaise et nous donne quelques conseils pour être une star dans sa cuisine. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais, perso, ses réponses me parlent !

L’interview d’Annabel Langbein

(l’interview était en anglais, j’ai essayé de traduire au mieux mes questions et ses réponses)

Votre livre « Annabel au Nature » est d’après moi, une ode à la nature, à la convivialité en cuisine…

Annabel Langbein : C’est tout à fait cela ! C’est l’idée même que je voulais partager : combien il est facile de faire de la super bonne cuisine et d’être une star dans sa propre cuisine. Si déjà, vous avez de très bons produits frais, alors, la nature a fait le plus gros du travail. Votre travail de cuisinier est alors très facile.
Faire de la bonne cuisine pour moi, ce n’est pas d’avoir une cuisine dernier-cri, des ingrédients qui coutent cher ou des techniques tape à l’oeil. Je voulais partager cette conception là de la cuisine. Montrer que la cuisine est un moyen très facile de se sentir utile, en lien avec les autres, mais aussi de s’amuser.

Lorsque l’on voit les images de votre potager ou de votre verger, ils ont l’air extra-ordinaire…

Annabel Langbein :  Lorsque nous sommes arrivés sur notre propriété sur le lac, à Wanaka, dans l’île sud de la Nouvelle-Zélande, c’était vraiment très sauvage. Nous avond du nettoyer, planter, arroser. Tout ce que vous voyez sur cette propriété est le fruit de notre labeur et c’est très gratifiant.

Quand avez-vous commencé à jardiner et combien de variété de plantes (légumes, fruits) avez-vous dans votre jardin ?

Annabel Langbein : Mes parents étaient de très bons jardiniers, passionnés. Ils m’ont transmis le plaisir de jardiner, faire pousser les plantes. J’ai toujours beaucoup jardiné, surtout depuis mon adolescence – pendant mes années hippy, je jardinais près de 1 acre de légumes pour nourrir la communauté avec laquelle je vivais.
Dans notre jardin de Wanaka, au printemps dernier, nous avons planté 67 paquets de graines de légumes avec de nombreuses variétés différentes. Notre verger produit des pommes, des poires, des coings, des nashis, des prunes, des pêches, des nectarines, des cerises, des groseilles, des framboises, des groseilles à maquereau, etc… Nous produisons aussi des amandes, olives et raisins et bientôt, nous aurons des noisettes et des noix. Dans mon jardin d’Auckland, où le climat est bien plus chaud et plus tropical, j’ai des avocats, des bananes, des grenades, des cherimoyas (ou pommes-cannelles) et différentes variétés d’agrumes.

Comment décrire votre cuisine et votre livre « Annabel au Naturel » ?

Annabel Langbein : Ma cuisine est très simple, très fraiche et généralement très légère. Je suis pour un maximum de gout et d’effet pour un minimum d’effort, et pour que l’ingrédient principal soit mis en valeur. C’est très facile d’être une « star » dans sa cuisine sans avoir à y passer des heures et des heures et sans dépenser une tonne d’argent. J’aimerais que mon livre puisse aider à prendre confiance en soi dans sa cuisine et surtout s’y amuser. C’est aussi mon but de demystifier les procédés culinaires et alerter sur tous les pièges que l’on peut rencontrer et surtout donner les moyens de les déjouer.

annabel langbein cordon bleu

Pouvez-vous nous raconter l’origine de la cuisine néo-zélandaise ?

Annabel Langbein : Les premiers habitants Maori de Nouvelle-Zélande étaient plutôt des chasseurs-cueilleurs qui faisaient cuire leur viande dans des fours creusés dans la terre ; ils utilisaient les pierres chaudes comme sources de chaleur (on retrouve cette méthode de cuisson un peu partout dans le Pacifque. Nous l’appelons Hangi.).
Les premiers immigrants arrivèrent au début du 18ème siècle (majoritairement d’Ecosse, de Grande-Bretagne ou encore d’Irlande). Ils apportèrent avec eux une cuisine très rurale – bourrative et ennuyante qui se faisait sur la base d’un bout de lard et une beaucoup de beurre, fromage, agneau et pommes de terre. Le peu de légumes interessant provenait d’Italie ou d’Asie.
Mais depuis 20 ans, nous avons vu une explosion des produits culinaires avec l’arrivée d’immigrants venus du monde entier, avec une influence asiatique non négligeable. Nos supermarchés nous permettent un réél accès à une palette entières de gouts et de saveurs.
Avec les produits frais locaux et toute cette épicerie incroyable à notre disposition, c’est très simple de cuisiner au quotidien et d’y ajouter une touche particulière – que ce soir des saveurs thai, des épices marocaines, une touche méditerranéenne, etc…
Par exemple, à moins de 500 mètres de chez moi, à Auckland, il y a 2 hypermarchés asiatiques, une boutique qui fait des canard laqué, une autre de tofu et nouilles fraiches, des épiceries de produits méditérannéens, des boutiques bio et un grand supermarché.
Pour une foodista, c’est vraiment fabuleux de vivre en Nouvelle-Zélande.

A quel age avez-vous commencé à cuisiner ?

Annabel Langbein : Ma mère était très bonne cuisinière – assez aventurière, je dois dire – et excellente pâtissière. Depuis toute petite, j’ai toujours eu l’habitude de me mettre sur un tabouret et je la regardais faire des gâteaux. J’attendais pour pouvoir lécher la pâte sur la cuillère en bois. A 4 ou 5 ans, j’ai commencé à aider à mélanger la pâte ou j’aidais pour les cookies. Avant même d’en être conscient, vous cuisinez déjà.

Vous souvenez-vous du premier repas que vous avez cuisiné toute seule ?

Annabel Langbein : J’avais 15 ans. C’était pour mon premier diner et mon père s’est fait piquer par une abeille. Il a eu une réaction anaphylactique et nous avons tout laissé en plan pour l’amener à l’hôpital !

Votre cuisine a l’air d’être très influencée par la cuisine asiatique. Quels sont les autres cuisines qui vous influencent et par quoi êtes-vous inspirées lorsque vous cuisinez ?

Annabel Langbein :  En Nouvelle-Zélande, nous avons la possibilité d’avoir des produits incroyablement frais et savoureux. Je me laisse totalement inspirer par leur fraicheur et leur vitalité. Lorsque je vois un produit très frais ou parfaitement mur, je n’ai qu’une envie, l’amener dans ma cuisine et en faire quelque chose de simple et délicieux. Je suppose que c’est ma façon à moi de respecter et célébrer la nature.

 

annabel langbein cordon bleu

 

 

 

Quel conseil donneriez vous à une cuisinière débutante ?

Annabel Langbein : En cuisine, le plus important, c’est la confiance en soi. Commencez à cuisiner un plat simple que vous aimez manger – aussi simple qu’un poulet rôti, une salade et une bonne vinaigrette, par exemple. Il faut apprivoiser la recette de base. Ensuite, vous pourrez commencer à faire des variantes, ajouter des saveurs différentes, des épices, etc…
Organisez-vous. Ecrire le menu de votre repas, et après avoir fait toutes les courses, organiser la préparation du repas en fonction de ce qui peut se cuisiner à l’avance, au dernier moment, etc, Organisez votre menu en faisant attention à ne pas avoir 2 plats qui se cuisinent au four à des températures différentes, ou 2 plats riches et crémeux, etc…

Les 5 ingrédients « indispensables » de votre placard ?

Annabel Langbein : seulement 5 ! ça va être difficile… Alors, dans ce placard, j’y mettrais des citrons, de l’ail, du gingembre, des herbes fraiches et des piments. Et bien sur du sel et du poivre.
Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, je considérais le sel et le poivre comme ingrédients obligatoires « acquis » dans toutes les cuisines. Mais l’autre jour, alors que je tournais une séquence au sujet de la cuisine des étudiants, je me suis retrouvée chez des étudiantes pour leur montrer comment cuisiner un super repas avec presque rien – quand je me suis rendue compte qu’il n’y avait ni sel ni poivre. C’était incroyable !

Des amis arrivent à l’improviste. Vous avez une demi-heure pour préparer le repas, qu’allez vous cuisiner ? 

Annabel Langbein : C’est souvent ainsi que cela se passe chez moi, vous savez. Je rentre souvent tard, et il me faut improviser un repas très vite. Beaucoup de recettes du livre Annabel au Naturel sont prévues pour ce genre de situation.
Je n’ai pas beaucoup le temps de trainer en cuisine, alors je cherche toujours à cuisiner des plats qui cuisent vite. Un carré d’ageau avec sa sauce verte, un steack poéle à accompagner d’une sauce ou d’une salade de légumes, une vinaigrette épicée pour une salade de boeuf thai, ou un plat de poulet ou de poisson à enfourner.
J’aime bien les plats que je peux mettre à cuire dans le four. Ainsi, pendant qu’ils cuisent, je peux me préparer ou encore mettre la table et créer une ambiance accueillante.

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_nota_
• Annabel au Naturel, d’Annabel Langbein, aux éditions Larousse (322 pages, format : 21,5 x 25 cm) prix : 22,90 euros