Il fallait voir la tête des proches à qui j’ai annoncé : je pars en Norvège pêcher le Skrei.
Je pouvais lire une double interrogation sur leur visage. Toi, à la pêche ?? Le Skrei, kézako ??
Il faut dire que mes proches connaissent ma sensibilité au mal de mer, et à tous les transports, d’ailleurs ! C’est mon père qui adore la pêche, et je l’ai toujours vu partir, lorsque nous vivions à Kribi, le dimanche, pêcher avec ses amis. Il ramenait plus ou moins de poissons. Je me souviens de raies, de capitaines, de bar et d’un requin marteau une fois. Un jour, j’ai voulu aller avec lui. Je devais avoir 7-8 ans. Il n’est pas allé bien loin avec moi. J’étais tellement malade. Je me souviens qu’il s’est arrête devant la maison de Monsieur Casimir, un ami, et qu’il a nagé avec moi sur le dos pour me déposer là. Ce fut ma première expèrience de pêche. J’en ai eu d’autres, pas moins glorieuse…

Alors cette pêche au Skrei ?
Nous sommes partis à la pêche au Skrei – vous le trouverez plus facilement chez votre poissonnier sous le nom cabillaud de Norvège, dans un ancien petit ferry transformé en bateau de pêche. Très cosy avec des petits salons où j’ai pu m’installer et fermer les yeux, lorsque ça tanguait trop. Je me suis même assoupie. Pourtant, ce jour là, les conditions étaient idéales. Beau temps, mer calme. Malgré tout, grâce à mon cocktail cocculine dès la veille + nautamine au petit-déjeuner, j’ai tout de même pu écouter les explications d’Espen, notre accompagnateur, passionné par le Skrei. J’ai pu voir comment on le pêchait à la ligne – la mitraillette – et comment on le remontait et ensuite, le voir découper.

La pêche au skrei est surtout une pêche à la ligne. Les lignes de 600 mètres de long comptent environ entre deux-cent et deux cent-cinquante hameçons.

La pêche au Skrei est une pêche saisonnière parmi les plus importantes du monde, un évènement unique. Il n’y a aucun autre endroit au monde où a lieu cet évènement. Autant vous dire que j’ai savouré la chance que j’avais de pouvoir y assister !
Cette pêche ancestrale remonte remonte au Xe siècle après Jésus-Christ. Les Vikings norvégiens furent les premiers à faire le commerce de cabillauds. Oui, le Skrei, c’est un cabillaud. Mais pas n’importe lequel. Un cabillaud haut de gamme qui tire son nom du mot norvégien « skrida », qui signifie « j’avance ».
Une fois par an, depuis toujours donc, à une période de l’année bien précise – de janvier à mars – des millions de cabillauds migrent depuis la Mer de Barents jusqu’aux zones de frai dans l’archipel des îles Lofoten, à environ 400 km au nord du cercle polaire, pour s’y reproduire. Au cours de son voyage, l’alimentation du Skrei se modifie et se compose essentiellement de capelan et de hareng. Les efforts qu’il effectue et son alimentation lui permettent alors de développer une chair ferme et blanche comme la neige des glaciers.

Le skrei est souvent surnommé par les chefs « le roi des cabillauds ». La délicatesse et la fermeté de sa chair très blanche font du Skrei de Norvège un poisson exceptionnel qui se prête à de multiples créations culinaires. Par ailleurs, son foie, ses œufs et sa langue sont eux-mêmes considérés comme des mets très raffinés.

Mais le Skrei c’est aussi une histoire de traditions, d’aventures, un patrimoine commun. Ancré dans cette région de Norvège, l’histoire du Skrei a façonné les hommes, le territoire et l’économie locale. Les récits de pêches miraculeuses se racontent de générations en générations, et donnent à ce poisson valeur de mythe. Il existe même une chanson populaire du Nord de la Norvège, qui raconte de manière très poétique, l’histoire du Skrei et de sa migration. La dernière parole est très jolie, je trouve : « et si jamais je dois être mangé, je préfère que ce soit par TOI… « 

C’est non seulement la chair du Skrei qui est appréciée, mais aussi, ses oeufs, son foie, sa langue. D’ailleurs, ce jour-là, moi, qui n’aurait jamais cru possible de manger sur un bateau, je me suis régalée de filet de Skrei posé sur une tranche d’oeufs grillée, de langues de Skrei panée et d’une soupe de poisson, excellente !

Promis, très vite, on reparle du Skrei ou cabillaud de Norvège, de son traitement à l’arrivée du bateau au port, de label et de cuisine norvégienne.

(pour tout vous dire, j’ai même chanté la fameuse chanson du Skrei, en choeur avec plus de 50 norvégiens, en norvégien ! ça aide l’Aquavit ^_^)
(il y a Cathy qui est cachée dans les photos, saurez-vous la retrouver ? ;-))
(et encore des photos des magnifiques paysages norvégiens !!)
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Et en bonus, parce que je ne pouvais pas vous parler de pêche sans penser à mon père et à cette photo de ma grand-mère (rip) que j’adore !
meme catherine