gael faye petit pays

J’ai mis un petit moment à faire le lien entre l’auteur du livre Petit Pays acclamé par tous et le rappeur/slammeur Gael Faye, découvert l’année dernière grâce à Ines.
Son album Pili pili sur un croissant au beurre est devenu un classique à la maison pour les garçons, Honeydoudou et moi. Pour des raisons différentes.
Honeydoudou et moi aimons les textes de ces chansons qui nous ramènent en Afrique, au Sénégal ou au Cameroun, pays de nos enfances, les garçons accrochent plus sur les mélodies. Un des talents de Gael Faye est de mettre de si jolis mots sur le métissage, comme un écho à tout ce que je ressens et vis, en tant que métisse.

Petit Pays

Petit Pays, c’est l’histoire de Gabriel, sa soeur et ses copains, son enfance au Burundi, ce petit pays d’Afrique, la guerre civile, le génocide au Rwanda, le départ pour la France… Gabriel est métis. Son père est français, sa mère rwuandaise, réfugiée au Burundi. Petit Pays raconte comment la vie de Gabriel bascule, avec le divorce de ses parents, le génocide au Rwuanda et bientôt la guerre civile au Burundi. Comment de l’enfance insouciante et de la vie facile au Burundi, Gabriel se retrouvera en France, déraciné. Pourquoi les gens qui vivaient ensemble depuis des générations se mettent à se haïr et s’entre-tuer. Gaël Faye a l’écriture précise, poétique et sincère. Il écrit d’une manière très juste les sentiments d’enfants, le passage à l’adolescence, la nostalgie de l’enfance, les bonheurs simples, la nature omniprésente, les scènes de vies, l’ennui, le racisme, l’absurdité de la guerre, la violence et l’horreur du génocide.

J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants.
— Gaël Faye

En lisant Petit Pays, j’ai sourit, j’ai rit, j’ai eu les yeux mouillés et la gorge nouée. Petit Pays m’a ramené au pays de mon enfance, le Cameroun, Kribi. Je n’ai pourtant pas connu la violence de la guerre, mais j’ai connu celle du déracinement. Comme Gabriel, j’ai connu le bonheur d’une enfance africaine, le sentiment du paradis perdu et aussi, la complexité du métissage. Nulle part chez toi, pourtant partout chez toi.

Lors de sa venue à Bordeaux pour une dédicace, une rencontre avec des blogueurs fut organisée par Cultura et j’ai été ravie d’y être conviée. Et puis j’avais une mission : Ines, fan du chanteur m’avait demandé de rapporter son livre dédicacé. Nous avons parlé de l’Afrique, de l’enfance, du travail d’écriture, de musique bien sur, de l’exil, du génocide et de métissage. J’ai découvert un garçon qui ressemble à ses textes, qui respire l’humanité et la gentillesse. Dans le bus qui me ramenait à Bordeaux, j’ai pensé à mes garçons. Et je me disais que si Adam et Elie devenaient de beaux jeunes hommes, aussi charmants, sensibles et intelligents que Gaël Faye et bien je serais une maman bien fière !

gael faye petit pays

gael faye petit pays

Merci infiniment Lisa pour l’invitation et la photo de moi avec Gaël <3

 

Pour en savoir plus

Si vous avez une heure devant vous et que vous avez envie de découvrir ou connaitre Gaël Faye,  regardez le documentaire « Quand deux fleuves se rencontrent« , un joli portrait de Gaël, un retour qui nous amène au Burundi, au Rwanda et en France, un voyage entre Paris, Kigali et Bujumbura, entre ateliers d’écriture, coulisses, répétitions, scènes, hip-hop, génocide rwandais, inhumanité et souvenirs d’enfance. Et si vous n’avez pas le temps maintenant, mettez le lien dans vos favoris. Vous le regarderez un soir, un week-end … et vous découvrirez un artiste, auteur engagé qui parle – entre autre – de l’Afrique, de l’enfance et du métissage d’une si belle manière.