autoroute bordeaux

Hier, nous sommes allés voir mon père dans le Lot & Garonne, et pendant le trajet, je regardais la route et me disais que j’aimais tant ça, voyager en voiture. Les petits, comme les longs trajets. J’aime ça. Pourtant je n’aime pas conduire, mais Honeydoudou oui, alors tout va bien.

Quand j’étais petite, ma grand-mère Mémé me surnommait Bon pied la route. D’après ses dires, dès que mon père quittait la maison, je voulais monter dans la voiture et partir avec lui. Mon père et ma mère m’ont souvent raconté que bébé, je ne dormais pas beaucoup. Pour m’endormir, mon père prenait la voiture, ma mère sur le siège à côté, et moi dans ses bras, et ils partaient rouler dans Kribi jusqu’à ce que je m’endorme. Les souvenirs des trajets en voiture sont très précis dans ma mémoire. Par exemple, le trajet que nous faisons avec mon père, quand ils nous emmenait à la plage, mon frère et moi sur la banquette du pick-up, les fenêtres ouvertes, les cheveux au vent, et le lecteur de cassettes qui chantait Joe Dassin ou encore Michel Sardou. Ou encore la route des vacances, lorsque nous venions en France.

Je continue de partir en vacances en voiture, en famille. Cet été l’Andalousie, l’année d’avant la Bretagne, et avant encore, le Portugal, la Toscane, la Suisse … Est-ce que ça vient de là ? Est-ce que inconsciemment, je veux retrouver ce sentiment de l’enfance ?

Hier, alors que nous étions sur l’autoroute, en train de rouler je me suis demandée pourquoi j’aimais tant ça. J’ai réalisé que si on ne parlait pas forcément ensemble lorsque nous étions en voiture, on vivait néanmoins la même chose ensemble. Les paysages qui défilent, la musique de la playlist de Honeydoudou. Parfois, chacun se met à chanter quelques paroles d’une chanson, parfois, tous ensemble. On parle ou pas. On dort ou pas. Ces trajets – courts ou longs sont pour moi, des moments d’introspection. Des moments où je lâche prise, je relâche les tensions. Je me vide la tête en regardant les paysages.

Je crois que j’aime ce sentiment de liberté que donne le voyage en voiture. J’aime aussi le facteur temps du voyage en voiture. On a le temps de réaliser le changement de paysage, de territoires, de traditions. Cela donne plus de poids au sentiment de voyage. Mais je crois que j’aime surtout ces moments où la famille est ensemble, dans un espace restreint. De savoir mes enfants et Honeydoudou tout près de moi, à mes côtés, ça me rassure. C’est le même sentiment que celui que je ressens le soir, quand tout le monde est à la maison, quand chacun est rentré de sa journée à l’extérieur. C’est mon moment préféré. On se retrouve tous les quatre (tous les cinq quand Inès est à Bordeaux) et je sais que chacun est là, à l’abri, au chaud. Et mon coeur est apaisé.