la scala milan

Avant de partir à Milan, l’une d’entre nous avait évoqué la possibilité de passer une soirée à la Scala. Google et quelques petits clics plus tard, nous décidions que non, dommage… au vu du prix des places, ce n’était vraiment pas possible !
Mais impossible aussi, pour nous d’aller à Milan, sans voir le mythique Théâtre de la Scala. Pour moi, la Scala, c’était Maria Callas, Guiseppe Verdi, le public le plus exigeant du monde, toutes ces histoires lues et entendues, alors aller à Milan, c’était un peu voir la Scala et mourir.

La Scala de Milan

Mais lorsque je suis arrivée devant la Scala de Milan, sous le regard de Leonardo da Vinci, franchement, j’ai été déçue. Je m’attendais à un bâtiment plus grand, plus impressionnant. Je me rappelle avoir pensé : “c’est là ? c’est tout ?”. Mais très vite, la légende a pris le pas et nous avons décidé de visiter le Musée du Théâtre.

Au moment de prendre notre ticket d’entrée pour le Musée du Théâtre, nous avons appris que nous n’aurions pas droit à voir la salle, ce jour là. Comme c’était un peu le seul but de notre visite, nous avons décidé de continuer notre ballade à Milan et de revenir le lendemain pour visiter le Musée et apercevoir au moins la Salle du Théâtre. Avant de quitter le quartier, on a décidé de prendre un café sur place, même si le café était hors de prix! – mais, pour moi, il était impensable de partir sans avoir pris un café là. C’est une habitude que j’ai pris : lorsque je découvre une ville, je bois des cafés, des coups et/ou je mange un bout dans les endroits emblématiques de la ville où je suis. C’est une façon que j’ai de m’approprier la ville, d’ancrer en moi les souvenirs du lieu.

Une soirée à la Scala de Milan

Et puis, Sandrine a eu l’idée d’aller quand même voir la billetterie, juste pour voir, au cas où… Il y avait là, devant le guichet fermé, une quinzaine de personnes qui faisaient déjà la queue. Et, alors que nous essayions de comprendre le panneau des tarifs et des places et des spectacles, un monsieur âgé nous a dit: “Si vous restez faire la queue avec nous, à 17h, les places pour la représentation de ce soir vont être distribuées.” Comme je parle italien, j’ai tout de suite compris, mais je voulais m’assurer d’avoir bien compris, alors je lui ai demandé : “Ah bon ? mais comment ça distribuées ? Et à quel tarif ?”
“Per Niente ! È gratuito !”
Il était 15h, nous avions donc 2h d’attente devant nous, mais la réflexion fut rapide ! 4 places pour une avant-première, un spectacle de ballet à la Scala pour 0 euros ! Nous attendrons et nous ferons la queue le temps qu’il faudra. Nous avions toutes tellement le sentiment de vivre un moment incroyable. Le sentiment d’être là au bon endroit au bon moment. Vous savez, comme dans les films.

Pendant les 2 heures d’attente, l’ambiance était incroyable, les passionnés racontaient les derniers spectacles vus, ça parlait fort, ça s’apostrophait, ça rigolait, ça racontait les histoires de jeunesse… De 15 personnes à 15h, nous étions bien 250 à 17h !
Une queue qui n’en finissait pas de grossir… et pendant ces heures, nous avons eu le temps de faire connaissance avec nos voisins de queue et de nous faire accrocher des rubans jaunes en signe de protestation. Protestation contre la politique culturelle du gouvernement italien, et notamment la réforme des théâtres lyriques. En effet, cette représentation gratuite, cette générale, d’habitude réservée aux membres de la famille et aux amis, était ce jour là, offerte aux Milanais. Une manifestation concrète organisée par l’association des passionnés de la Scala, qui avaient peur pour l’avenir de leur Théâtre et ne voulaient pas que la Scala devienne un cinéma, par exemple. On nous distribue des petits rubans jaunes à accrocher à nos vestes. Nous étions embarqués dans une manifestation politique en faveur de la culture, à Milan, à la Scala. J’adore !

Une fois nos billets en main, nous sommes revenues à 19h pour la représentation du Triticco Novecento. Et là…
En entrant dans la Salle du Théâtre, j’avais l’impression de vivre toutes ces scènes de film, de roman… ces images mythiques où les princes et princesses arrivent dans la loge princière et que tout le monde se retourne pour les saluer, ces regards de loges en loges, tout un univers qui m’a toujours fait rêver au cinéma. A l’entracte, un de nos voisin de queue nous donnait un nouveau plan pour revenir assister à la Première de l’Or du Rhin, de Richard Wagner, sous la direction de Daniel Barenboim, et cela pour 12 euros seulement… mais une soirée à la Scala sur 4 soirées à Milan, c’était déjà trop beau.

Pendant le 2ème ballet, je ne sais pas pourquoi – ma non-culture du ballet et mon esprit moqueur ou l’émotion d’être là, j’ai été prise d’un fou rire incontrôlable – qui nous attira les foudres de notre voisine, et les chut des rangées alentours. J’étais tellement gênée, et avec beaucoup de concentration, j’ai réussi à me calmer. J’ai alors pu me laisser transporter et envahir par l’émotion et la beauté de ces 3 ballets. C’était juste sublime !

Je n’ai pas eu le droit de prendre des photos dans la Salle du Théâtre, mais j’ai bravé l’interdiction et n’ai pas pu m’empêcher de garder un souvenir de cette soirée magique et d’en prendre discrètement avec mon iPhone… c’est pas très bien, je sais… mais c’était trop unique !

la scala milan