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the charcoal iron

photo apprenti tailleur fer a repasser charbon

arc en rêve organisait l’autre jour, une journée de rencontre autour de la Ville Africaine.
Des intervenants de qualité, des conférences, des tables-rondes, je me suis régalée de pouvoir écouter, même partiellement toutes ces interventions. L’adrénaline et le macadam de Lomé, les quartiers spontanés, les gated communities, les migrations musicale africaines, la musique highlife, ghana freedom, independance cha cha, Franco, Fela Anikulapo Kuti, la question de l’approvisionnement, les piles de 3 petits oignons, la téléphonie mobile, les titres fonciers, etc… et puis la conversation finale entre Michel Lussault et Francis Kéré, qui nous dit, lui aussi “engagez-vous !”.
Même si il y eut un bémol à cette journée – la non-venue de Achille Mbembé, que j’avais hâte de rencontrer, ce fut une très belle journée, et j’en ai profité. Autant que je le pouvais. Une journée de reflexion pour déconstruire les idées reçues sur la ville en Afrique, pour questionner les pratiques quotidiennes, les fonctionnements économiques et écologiques, les habitudes de consommation, etc… J’ai accordé travail et plaisir, et j’avoue que ce jour-là, j’étais particulièrement fière du travail d’arc en rêve.

En écoutant Kangni Alem raconter Lomé avec les photos de Bertrand Kogoe, j’ai eu un flash. Alors qu’il montrait la photo de cet apprenti-tailleur, je me suis retrouvée à Kribi avec ma grand-mère. J’avais oublié. J’avais oublié le fer à repasser à charbon.
L’arrivée en France à 10 ans fut un tel traumatisme que j’ai oublié beaucoup de détails de mon enfance. Les souvenirs remontent à la surface parfois, à l’occasion d’un son, d’une odeur, d’un mot, et/ou comme là, d’une photo. Le fer à repasser à charbon.
Tout m’est revenu. L’odeur du chaud, la sensation de chaleur, le bruit du fer qui tapait sur le vêtement, les petites étincelles qui volaient. Et je revoyais ma grand-mère, le charbon qu’elle mettait dans le fer, sa main qui effleurait la semelle d’un geste vif pour vérifier la chaleur… Je n’aurais pas cru que ces fers existaient encore. Une autre époque. L’Afrique – le Cameroun des années 70-80. Et j’apprends que non, on en trouve toujours. Neufs, Made in China. Ils restent utiles pendant les périodes de délestage, dont souffrent les grandes villes. Je ne vous parle pas des villages où parfois, l’électricité n’est pas encore arrivé. Les objets revivent encore et encore. Et mon enfance se prolonge encore un peu.

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2 comments

  1. pourquoi quand je te lis j’ai toujours comme une boule dans la gorge….je suis pas black, pas eu ta vie ton parcours mais tes mots me donnent le frisson…mon père est venu d’Italie…c’est mon seul voyage finalement…tu as le goût des mots je crois.

    1. merci, tout simplement ! <3