maman

La fête des mères. Aujourd’hui je vais appeler ma mère et lui souhaiter une bonne fête.

Je pense tous les jours à elle. Mais elle ne le sait pas forcément. Nous sommes trop pudiques pour cela.
Adolescente, j’ai été en colère contre elle. Pour tout, pour n’importe quoi. Et puis, je suis devenue mère à mon tour. Je me suis dis que je ne ferais pas les mêmes erreurs, bien sur. Et puis, j’ai grandi, j’ai muri, j’ai vieilli. A 43 ans, et 3 enfants, bien sur que je les ai faites les mêmes erreurs. Et je me dis que j’ai la chance d’avoir une fille plus indulgente que je ne l’ai été avec ma mère.

Souvent, je me pose des questions. J’ai le don de me remettre en question dix fois par jour. Croyez-moi, c’est épuisant. Parmi les nombreuses questions que je me pose, il y a en a une qui revient souvent : mon rôle en tant que mère. Je ne suis sure de rien à ce sujet. Ce que je sais, c’est que en tant que mère, je fais de mon mieux. J’essaie.

Et je me dis que, être mère, c’est accepter que l’on ne sera jamais parfaite. Je pars du principe que mes enfants me reprocheront un jour ou l’autre, ceci ou cela, alors autant assumer dès le départ le fait de ne pas tout faire bien. Je m’autorise le droit à l’erreur en matière d’éducation et j’assume mes imperfections de mère.
Est-ce que mon rôle de mère, finalement, ne serait-il pas celui-là : aimer mes enfants sans compter, sans les juger, être impartiale et les conduire vers l’autonomie, les accompagner vers leur propre destinée. Je me dis aussi que mon rôle, c’est de leur inculquer des valeurs de respect de l’autre, de tolérance, de les encourager à suivre leurs passions, à profiter de la vie, à être curieux du monde, des autres, et de leur apprendre d’ou ils viennent.
Chaque enfant est différent. Elevés de la même manière et pourtant tous différents. Je ne les juge pas, j’essaie de les comprendre. A final, j’élève mes enfants comme on m’a élevé. En faisant en sorte que leur enfance soit préservée au maximum, pour qu’ils deviennent des adultes sincères, responsables, aux valeurs fortes.

Et pour cela, je remercie ma mère. Elle m’a montré qu’une femme était indépendante matériellement, et intellectuellement. Elle m’a appris à être autonome très tôt, à me débrouiller, à assumer mes choix. Elle m’a montré qu’une femme n’était pas qu’une mère et elle m’a aussi appris à être mère. Quand j’ai eu Ines, elle m’a dit : “Tout le monde te donnera des conseils, tout le monde te dira quoi faire. Mais, il n’y a que toi qui peut savoir ce qui est bon pour ton enfant. Fais toi confiance”. Ce qui ne m’a pas empêché de lui demander conseil.

Ma mère est pudique. Elle ne s’impose pas dans ma vie, pourtant parfois, j’aimerais qu’elle le fasse. Mais je sais que je peux compter sur elle, sur ses conseils si j’ai besoin. J’ai toujours profondément admiré ma mère. Son indépendance, son intelligence, sa ténacité, sa fantaisie, sa passion pour son métier, sa main magique pour calmer les bébés qui pleurent, son talent littéraire, sa soif de connaissance, sa culture. Elle m’a donné le gout de la lecture, de la littérature américaine, de la cuisine américaine. Je l’ai réalisé sur le tard, mais, plus que tout, ma mère m’a encouragé à être celle que j’avais envie d’être. Sans pression et sans jugement, elle m’a toujours laissé libre de mes choix.

Paradoxalement, c’est plus facile pour moi de l’écrire, ici, sur ce blog. Même si je ne te le dis pas très souvent : Maman, je t’aime.

maman daniel

Je n’ai pas avec moi, de photos de ma mère et moi.
Alors j’ai choisi d’en mettre une que j’adore, de ma mère et de mon frère, à Kribi, en 1970.

Behind all your stories is always your mother’s story. Because hers is where yours begin.
― Mitch Albom