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Musée Tuol Sleng | Phnom Pehn

La semaine dernière, je publiais un premier article sur notre voyage au Cambodge, avec mes premières impressions de Phnom Penh. Je continue cette semaine avec la visite, essentielle, à mes yeux, du musée du génocide Tuol Sleng. Petite, j’ai le souvenir des images de boat people dans les magazines que nous recevions à Kribi, et puis, adolescente, le Cambodge pour moi prenait corps dans le film La Déchirure. Adulte, c’est mon amitié avec Jean-Louis, qui m’a donné envie de découvrir le Cambodge.

Le lendemain de notre arrivée à Phnom Pehn, nous avons choisi de visiter ce musée Tuol Sleng. Je savais que la visite serait difficile, mais il nous était impensable de venir au Cambodge sans affronter l’horreur de son histoire. Pour les préparer, j’avais demandé aux garçons de lire quelques articles sur le pays, son histoire, la prise du pouvoir par les Khmers rouges en 1975 et le génocide qui s’ensuivit. Sur place, nous avons pris des audio-guides pour mieux comprendre. Nous avons encouragé les garçons à tout écouter mais à ne pas rentrer dans certaines salles, si ils pensaient que ce serait trop dur. Comme à son habitude, depuis qu’ils sont petits, Honeydoudou partait en éclaireur et prévenait de la dureté des images à venir. 

En rentrant dans l’enceinte du musée, hormis les fils barbelés au-dessus des palissades, on a d’abord l’impression de se retrouver dans un lycée des années 50. On a l’impression que le temps s’est figé. L’architecture et l’arrangement des bâtiments m’a rappelé les constructions de lycée en Afrique. Le musée Tuol Sleng est un ancien lycée français, transformé en prison par la dictature des Khmers rouges entre 1976 et 1979. Cette prison, appelée S-21 est la plus connue du Cambodge. Tout dans ce lieu ramène à l’horreur. Les tombes devant le premier bâtiment sont celles des dernières victimes découvertes à l’arrivée de l’armée vietnamienne. Il y a le portant en bois, visible immédiatement, devenu outil de torture où on suspendait les prisonniers au dessus de grandes jarres remplies d’excréments et d’eau croupies, pour les noyer. Affiché dans la cour, il y a le règlement de la prison qui, à sa seule lecture, fait froid dans le dos et, au milieu de tout cela les manguiers, les arbres, les lampadaires qui rappellent la vie qu’on s’imagine douce et paisible d’avant 1975. 

Dans les bâtiments, il y a les anciennes salles de classes, transformées ici, en salles de tortures, là réaménagées en cellules ou encore en salles de détention commune. Les espaces de circulations dans les étages furent grillagés de fils barbelés pour empêcher les prisonniers de se jeter du premier et deuxième étage et se suicider. S-21 est un endroit terriblement marquant mais, comme tous les lieux de mémoire, indispensable. Pour ne jamais oublier la cruauté, l’inhumanité dont est capable, l’être humain.

Un des bâtiment contient les archives des Khmers Rouges, des milliers de photographies, des peintures retraçant la vie du centre. Tous étaient photographiés à leur arrivée : des femmes, des hommes des enfants. Sur les photos, on ressent la peur, la terreur. On estime à plus de 18 000 personnes incarcérées dans cette prison S-21 (dont 200 survivants). Il y a aussi les peintures de Vann Nath, un peintre emprisonné à Tuol Sleng. Sur ordre des dirigeants de la prison, il a documenté les souffrances des détenus. Il faisait partie des 7 rescapés du lieu, à l’arrivée de l’armée vietnamienne.

Adam a visité presque toutes les salles, Elie préférait souvent se poser sur un banc dans la cour et écouter le commentaire de l’audio-guide. Comme tous les lieux de mémoire, il se visite en silence. Nous sommes restés encore un petit moment sans se parler en sortant du musée, marqué par ces images et ce récit.

Pour en savoir plus sur l’histoire du génocide cambodgien, je vous recommande le documentaire de Rithy Panh, L’image manquante, prix Un certain regard, à Cannes en 2013, le film d’Angelina Jolie D’abord, ils ont tué mon père / First, they’ve killed my father et le film de Roland Joffé, La Déchirure / The Killing fields avec Sam Waterson.

Tuol Sleng Museum
St 113, Phnom Penh 12304
Ouvert tous les jours de 8h00 à 17h00

Bonne semaine, prenez soin de vous, je vous embrasse !

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