Comment prévenir et traiter efficacement une déchirure musculaire ?

Un claquage musculaire, cette déchirure de fibres souvent ressentie dans la cuisse ou le mollet lors d’un effort intense, peut surprendre tout sportif, amateur ou confirmé. Cette blessure, qui se manifeste par une douleur aiguë et une sensation de muscle tétanisé, peut toutefois être atténuée, voire évitée, grâce à l’adoption de bonnes pratiques préventives. Découvrez dans cet article comment protéger vos muscles contre ces lésions potentiellement (très) handicapantes.

Femme Souffrant De Douleurs à L’épaule

Les muscles de la jambe en première ligne

En médecine, on parle de déchirure musculaire : cela va de la petite déchirure à la rupture partielle ou totale avec rétraction des fragments musculaires et un gros hématome. Tous ces traumatismes sont regroupés, dans le langage courant, sous le terme de claquage.

La crampe et l'élongation n'en font pas partie car, si le muscle a subi un traumatisme, il n'y a pas de déchirure.

À noter :
La rupture totale reste un cas exceptionnel (voir en fin d'article).

Ce sont surtout les muscles dits bi-articulaires - ceux qui relient deux articulations - qui sont touchés. Les cas les plus fréquents de claquage concernent les mollets et les muscles ischio-jambiers, situés derrière la cuisse et qui permettent la flexion du genou (lorsque l'on court, par exemple).

La déchirure musculaire : une douleur "coup de fouet"

Sur le plan strictement mécanique, les circonstances sont souvent les mêmes : le mouvement du muscle est plutôt en allongement. On parle alors de "travail excentrique". Et il faut faire un mouvement violent pour qu'il y ait claquage. Dans la grande majorité des cas, l'accident se produit pendant un effort physique.

Comment reconnaître le claquage sur le coup ? Le premier signe, c'est le bruit, exactement comme un "clac". Il est difficile, sinon, de l'identifier. Cependant les gens vont consulter rapidement car - les témoignages sont unanimes ! - c'est très douloureux (avec un effet "coup de fouet").

La douleur est fulgurante sur le coup, puis très intense pendant plusieurs minutes, ou même une à deux heures. L'impotence fonctionnelle est quasi totale. Certains préconisent même la marche avec des béquilles, dans le cas du claquage d'un muscle du mollet ou de la cuisse, car il est très difficile, voire impossible, de poser le pied par terre.

Les gestes à faire tout de suite après le traumatisme sont au nombre de trois :

  • appliquer de la glace ;
  • comprimer avec une bande ;
  • surélever le membre.

Pourquoi ces gestes ? Pour éviter que le muscle ne gonfle et limiter les saignements. Il y a souvent un œdème, un hématome, et des petites veines qui saignent à l'intérieur du muscle et freinent le processus de cicatrisation.

Une façon de limiter ces saignements, c'est le froid car il resserre ces petites veines. Il permet aussi de limiter la douleur : c'est le meilleur antalgique d'urgence.

Bon à savoir :
  1. La compression aussi permet de limiter la douleur et la formation de l'œdème.
  2. La surélévation assure un bon drainage.
  3. Mettre la jambe sur un coussin ou une chaise favorise le retour veineux.

Le meilleur remède contre la déchirure musculaire : le repos

L'examen clinique permet d'établir le diagnostic. Le médecin aura éventuellement recours à une échographie. Pour un claquage "classique" (des fibres musculaires sont plus ou moins dilacérées avec des réfractions partielles, mais il n'y a pas de rupture), on préconise en premier lieu le repos. Les fibres se remettent d'elles-mêmes. En freinant les saignements, on limite l'hématome qui va se former dans le muscle : les fibres vont se recoller plus facilement. Parfois il faut vider l'hématome pour aider la cicatrisation.

Les traitements préconisés ne sont pas très nombreux. Certains médicaments chimiques sont prescrits, comme ceux que l'on prend en cas d'insuffisance veineuse, mais à fortes doses pour stimuler la circulation locale. Des médicaments contre la douleur peuvent aussi être prescrits. On pourra aussi avoir recours à l'homéopathie. Mais ce sont surtout le repos et la réduction maximale des efforts qui seront conseillés. Enfin, on pourra utiliser des processus physiques comme les ultrasons ou l'électrothérapie.

Le kinésithérapeute qui va effectuer les exercices de drainage. Il faut compter environ de 10 à 15 séances qui seront réparties sur trois à quatre semaines, le temps normal pour que le muscle se remette. Dans les cas de faiblesse musculaire, un travail prolongé de musculation est parfois nécessaire afin d'éviter les récidives.

La préparation à l'exercice, une étape indispensable

De plus en plus, les médecins du sport orientent leur travail d'information vers la prévention. Les causes de claquage les plus souvent rencontrées :

  • Un manque d'échauffement. Le muscle est mal préparé pour se contracter et s'étirer.
  • Des causes métaboliques chez les gens qui ne boivent pas assez d'eau : les muscles ne sont pas suffisamment hydratés et donc plus fragiles.
  • Tous les gens qui ont des surcharges en acide urique, en cholestérol sont plus sujets aux ruptures musculaires.

Les 5 conseils pour éviter un claquage

  1. Assouplissez-vous, étirez-vous.
  2. Passez-y au minimum 5 à 10 minutes avant toute activité sportive.
  3. L'augmentation du débit sanguin vous permettra en outre de meilleures performances.
  4. La détente après l'effort est tout aussi importante : des exercices d'étirement sont indispensables après l'exercice.
  5. Pour ce qui est de la diététique, buvez beaucoup d'eau, limitez les aliments gras ou acides. En effet, l'acidité dans le sang ou une surcharge en graisses sont des facteurs favorisant une déchirure musculaire. Globalement, une bonne hygiène de vie alimentaire est une forme de prévention.
À noter :
Prévention sur laquelle les médecins du sport ont beaucoup travaillé. Ainsi dans le monde sportif, les claquages sont maintenant rares car les sportifs sont bien informés.

Rupture totale : un cas exceptionnel

La chirurgie intervient dans les cas de ruptures totales. Ce qui arrive, rappelons-le, très rarement. Comme quand un élastique lâche, les deux moignons vont se rétracter : il n'y a aucune chance pour qu'ils se recollent d'eux-mêmes.

Le chirurgien peut passer des fils puis les resserrer pour "recoller les morceaux". Mais les avis divergent sur l'efficacité de cette méthode chirurgicale, car les fils peuvent ne pas "accrocher" au muscle.

L'intervention est alors inefficace. Cette méthode n'ayant pas fait ses preuves, le chirurgien va travailler au cas par cas.

Le muscle se recolle quelque part. S'il ne gêne pas les mouvements, on ne touche à rien.

En 11 ans, j'ai vu un seul cas de rupture du muscle droit antérieur de la cuisse. Le gros morceau du muscle, en état de rétraction, se "promenait" dans la cuisse. Il a donc fallu enlever le muscle. Après l'intervention, on voyait une crevasse à la place du muscle enlevé. La force musculaire a diminué de 20 à 30 %... C'est le tableau le plus noir et ces cas restent très exceptionnels.

note le docteur Éric Chaffaut, médecin du sport.

Quand il y a rupture, ça ne "casse" pas au milieu du muscle : il y a un gros morceau et un petit morceau. C'est le gros morceau du muscle qui pose un problème car, s'il ne se recolle pas spontanément, il peut se "promener" et provoquer une gêne. Dans ce cas, on peut tout simplement enlever le muscle.

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