Hypersudation : comment faire pour moins transpirer ?

Transpirer est un processus naturel obligatoire pour réguler la température corporelle, mais pour certains, cela peut devenir excessif et gênant, surtout lors de fortes chaleurs, d’effort physique ou de stress émotionnel. Si les vêtements légers en coton et les antitranspirants offrent un premier secours, les cas d’hyperhidrose – une transpiration abondante même sans raisons apparentes – nécessitent souvent l’avis médical. Heureusement, diverses stratégies peuvent limiter cet inconfort, vous permettant de profiter sereinement de l’été sans craindre les auréoles embarrassantes sur vos tenues légères.

Jeune Femme Avec Tache De Sueur Sur Ses Vêtements

Le trajet jusqu'à mon métro et me voilà avec mon tee-shirt plein d'auréoles, le front luisant et les mains moites ! » témoigne Célia.

un problème qu'elle tente de résoudre à coup de

pschitts" parfumés et de douches répétées. Si la chaleur est l'ennemie N°1 de Célia, pour d'autres transpiration victims, ce sera plutôt le stress. Car trac, angoisse et émotions "affolent" les glandes sudoripares (ou sudorales) qui sécrètent la sueur et ne demandent qu'à s'emballer !

Transpiration excessive : quel est la cause ?

Car c'est bien de ces fameuses glandes sudoripares que tout part. Chaque individu en compte entre deux et cinq millions qui, sous les ordres de l'hypothalamus (dans le cerveau), vont répondre à la commande "stress" ou à l'effet "chaleur" en sécrétant de la sueur.

Ainsi, quand la température extérieure augmente, le système nerveux végétatif commande la sécrétion de sueur, dont l'évaporation fait perdre de la chaleur. Et quand c'est de l'intérieur que l'on bout, à cause d'une vive émotion ou d'un effort physique, c'est la même chose.

Car la transpiration est un thermorégulateur, une sorte de thermostat naturel qui régule la température interne du corps pour qu'il s'adapte aux variations extérieures, tout en lui maintenant une température plus ou moins constante de 37 °c.

Mais en dehors de son autre intérêt qui est d'éliminer certaines toxines, cette transpiration nous fait "suer" si elle est excessive, anormale et que l'on souffre d'hypersudation.

Tous inégaux devant les problèmes de sudation

Et oui ! on ne transpire pas tous pareil ! Si, en moyenne, un individu perd moins d'un litre de sueur par jour, certains vont en libérer jusqu'à trois fois plus par heure ! Ce phénomène est d'abord lié au nombre de glandes sudorales que chacun possède et au degré d'acidité de sa peau, mais aussi aux toutes-puissantes hormones qui nous régissent, à nos réactions au stress, à nos habitudes alimentaires...

De plus, l'âge aussi est un "facteur de risque", sachant que les excès de sudation ou hyperhidroses se déclarent après la puberté, vers douze ans, pour régresser après quarante ans, même s'il arrive que des femmes soient épargnées jusqu'à la ménopause. Mais, là encore, c'est le bouleversement hormonal qui est en cause.

Les glandes sudoripares eccrines

Et nous ne transpirons pas tous aux mêmes endroits : Certains se plaignent d'avoir les mains et les pieds moites, d'autres sont abonnés aux auréoles sous les aisselles. Dans le premier cas, allant de la simple sensation de moiteur à celle de mains mouillées au point de ne pouvoir tenir un objet sans "dérapage", ce sont les glandes sudoripares eccrines, très nombreuses sur les paumes des mains et les plantes des pieds (et aussi sur le cuir chevelu, le visage et la poitrine) qui sont responsables.

La sueur eccrine débouchant du canal excréteur par les pores de la surface de la peau est très riche en eau et en chlorure de sodium (sel) : Inodore au niveau des mains qui sont à l'air libre, les pieds, eux, souffrent d'être enfermés. C'est la macération de la transpiration dans les chaussettes ou des chaussures de toile qui va provoquer des mauvaises odeurs.

Les glandes sudoripares apocrines

En ce qui concerne l'hypersudation localisée sous les bras, ce sont les glandes sudoripares apocrines qui agissent. Également présentes dans les régions génitale et mamelonnaire, elles sont rattachées à un follicule pileux où s'abouche leur canal sécréteur. La sueur dite apocrine qu'elles sécrètent est inodore à l'origine mais est vite altérée par toute une flore microbienne qui se trouve à la surface de la peau.

Les microbes, aussi responsables des odeurs de transpiration

L'odeur âcre qui en résulte est due au milieu humide entretenu par la sécrétion des glandes eccrines qui favorisent la prolifération des microbes, et à l'action directe de ces bactéries sur la sécrétion apocrine. Résultat ? Libération d'acides gras, d'ammoniaque et d'autres substances odorantes. Quand on souffre d'une transpiration excessive (10 % des Français s'en plaignent), on a tendance à en faire un complexe.

Associé à une image d'hygiène douteuse, ce phénomène est mal vécu, a fortiori s'il s'accompagne d'odeurs.

Quand je transpirais, j'avais l'impression que mes interlocuteurs ne voyaient que ça, dit Michel. Plus j'y pensais, plus je transpirais et quand je devais intervenir en réunion, cela me déstabilisait. Cela a même failli remettre en cause mon plan de carrière. Jusqu'au jour où j'en ai parlé à un médecin pour me faire traiter.

Pour moins transpirer : une hygiène irréprochable

Car oui, l'hypersudation, cela se soigne ! Dans tous les cas, il est important d'avoir une hygiène irréprochable. Tous les jours, une toilette minutieuse, à l'eau et au savon, même si vous êtes à nouveau en eau 10 minutes après ! Les bactéries auront été éliminées et vous ne devriez pas sentir mauvais.

↕3 noter : N'oubliez pas de bien vous essuyer, notamment entre les orteils : Les champignons adorent l'humidité qui favorise la macération...

Les aisselles : Histoire de rester frais, même ceux qui ne transpirent pas beaucoup ont tendance à utiliser chaque jour un déodorant, dont la formule de base est composée d'un antibactérien et d'un agent capteur d'odeurs. Les sprays, à base d'eau et d'alcool (ou sans alcool), sont appréciés pour leur effet frais. Mais les déodorants se trouvent aussi sous la forme de "billes", de sticks, de crèmes... Si vous transpirez davantage, passez aux régulateurs de transpiration, antitranspirants ou antiperspirants qui modèrent la diffusion de la sueur (sans la bloquer complètement) grâce à la présence de sels d'aluminium, capables de stopper la sécrétion locale de sueur. Également dotés de substances bactéricides, ils limitent la formation d'odeurs désagréables.

Pour ceux qui transpirent beaucoup, un traitement de fond s'impose. Pour se laver, utiliser un savon déodorant spécial transpiration excessive. Puis deux jours de suite (et plus rien pendant sept jours sauf le savon habituel), appliquer une crème ou des lingettes riches en sel complexe d'aluminium dont l'action astringente freine la sudation.

Pour les pieds, en plus des produits d'hygiène vendus en sprays, crèmes, poudres ou talcs déodorants - qui absorbent la transpiration et luttent contre les champignons et les microbes par leurs agents antifongiques et antibactériens appliquez-vous à avoir toujours les pieds bien propres et séchés après la toilette et à porter des chaussettes en coton.

Si le stress est la cause de tous ces "débordements" et autres sueurs froides, c'est l'origine qu'il va falloir s'appliquer à traiter. Des complexes minéraux-vitamines (essentiellement vit. B6, magnésium) pris en cure de 15 jours peuvent avoir un effet anti-nervosité non négligeable. Des remèdes phyto et homéo "anti-trac" peuvent aussi vous aider. N'oubliez pas d'aller consulter votre médecin qui saura vous apporter ces conseils !

Les produits contenant de l'aluminium dans les déodorants et antitranspirants suscitent la controverse

Les déodorants et antitranspirants modernes peuvent souvent contenir des composés d'aluminium, suscitant des débats sur leurs impacts potentiels sur la santé.

À ce jour, aucune étude scientifique concluante ne permet d'affirmer un lien direct entre l'usage régulier de ces produits et le développement de maladies telles que le cancer du sein.

Toutefois, l'utilisation de formules antitranspirantes contenant jusqu'à 20 % de chlorohydrate d'aluminium pose question quant à la sécurité totale pour la santé, notamment concernant d'éventuels effets neurotoxiques.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (anciennement Afssaps) conseille fermement de :

  • Ne pas appliquer de déodorants ou antitranspirants contenant de l'aluminium sur une peau endommagée, telle que celle irritée par le rasage ou les petites coupures.
  • Limiter la concentration d'aluminium à 0,6 % dans ces produits pour minimiser les risques.

En dernier recours : la chirurgie pour moins transpirer

Si votre transpiration relève d'un traitement médical, c'est à un dermatologue qu'il faut en parler. L'application d'astringents (surtout le chlorure d'aluminium) sur la peau, une fois par jour ou plusieurs fois par semaine, vise à obturer les canaux d'où s'écoule la sueur : La sécrétion est ralentie et, en quelques semaines, l'amélioration est certaine.

Au registre des traitements aux résultats directs favorables mais avec des effets secondaires non négligeables (sécheresse de la bouche, troubles visuels, somnolence...), on peut aussi proposer la prescription par injections ou par voie orale de médicaments anticholinergiques, inhibant l'action du système nerveux végétatif parasympathique, avec blocage des glandes qui sécrètent la sueur.

Plus efficaces mais aussi plus "lourdes", les solutions chirurgicales : Le pelage chirurgical des glandes sudoripares qui nécessite l'ablation d'une large zone cutanée ; ou la parasympathectomie, c'est-à-dire l'ablation chirurgicale des nerfs parasympathiques responsables du déclenchement de la sueur.

Certains services hospitaliers très pointus réalisent ces parasympathectomies transthoraciques par voie endoscopique. De plus, la toxine botulique dont on parle dans le domaine esthétique aurait un intérêt dans le traitement des hyperhidroses localisées.

Injectée dans certains points des paumes des mains et dans d'autres régions du corps, elle donnerait un résultat intéressant sur six mois environ mais en contrepartie, il faut veiller à ne pas altérer les muscles adjacents. Ces interventions sont exceptionnelles et ne doivent jamais être entreprises en première intention ou sur une transpiration "non pathologique".

Quelles alternatives naturelles pour contrôler la transpiration excessive

Dans la quête de solutions naturelles pour gérer l'excès de transpiration, plusieurs options s'offrent à vous. Voici quelques-unes des méthodes les plus appréciées et facilement accessibles :

  • Bicarbonate de soude : Ce composé polyvalent ne se contente pas de neutraliser les odeurs, il absorbe également l'humidité et élimine les bactéries responsables des mauvaises odeurs. Il est possible de l'appliquer directement sous les aisselles ou de le disperser dans les chaussures pour une fraîcheur prolongée.
  • Talc : Connu pour ses propriétés absorbantes, le talc est un classique dans la lutte contre la transpiration. Il peut être appliqué directement sur la peau ou à l'intérieur des chaussures pour rester au sec tout au long de la journée.
  • Pierre d'alun : Reconnue pour ses vertus déodorantes naturelles, la pierre d'alun s'applique directement sur la peau. Simple à utiliser, elle est efficace sur les pieds comme sous les aisselles et est disponible dans la plupart des points de vente de produits de santé.
  • Feuille de sauge : La sauge, utilisée pour ses capacités à modérer la transpiration, peut être préparée en infusion à boire ou utilisée dans un bain de pieds, particulièrement recommandé pour ceux qui souffrent de transpiration excessive des pieds.

À quels moments solliciter un avis médical face à une sudation excessive ?

Il est conseillé de consulter votre médecin généraliste dans les cas suivants :

  • Vous constatez une augmentation soudaine de la transpiration qui n'était pas présente auparavant ;
  • La transpiration excessive survient pendant la nuit ;
  • Malgré vos efforts pour gérer ce problème par vous-même, la transpiration abondante continue de perturber votre quotidien ;
  • Elle est accompagnée d'autres symptômes tels que fièvre, perte de poids, démangeaisons, douleurs thoraciques, difficultés respiratoires ou palpitations ;
  • La transpiration est localisée sur une seule partie du corps ou elle est répandue sur l'ensemble du corps.

Mains et pieds moites, essayez l'ionophorèse

Contre les paumes très moites, voire ruisselantes, la solution est peut-être l'ionophorèse (indiquée aussi pour l'hyperhidrose des pieds). Pratiquée chez le kinésithérapeute, le podologue, le dermatologue ou à domicile (si l'on choisit de s'en équiper), cette méthode, dont le principe est celui de l'électrolyse, consiste à tremper les mains et les pieds dans des bacs d'eau où passe un faible courant entraînant la diffusion d'ions, émis par un générateur, le conducteur entre le bac-électrode et la peau étant l'eau du robinet.

Ce traitement, en obstruant les canaux sudoripares, empêcherait la sueur de s'écouler. Dix séances de 20 mn (à raison de deux fois par semaine en traitement d'attaque) donnent de bons résultats mais il est recommandé de faire régulièrement une séance d'entretien. Quand elle est prescrite par le médecin, l'ionophorèse est partiellement remboursée par la Sécurité sociale.

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